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Vinchant,
Delewarde et De Boussu sont les premiers à avoir signalé la présence des
juifs à Mons.
Ils affirment, sans en apporter de preuve, que le comte Guillaume Ier
les a installés dans la rue qui porte encore
aujourd’hui leur nom et que quatre chrétiens (appelés croisés) surveillaient la petite communauté. Au XIXe siècle
et au début du XXe siècle, des érudits montois
écrivent des articles de synthèse qui font alors intervenir les actes
officiels publiés notamment par L. Devillers et E. Gachet .
Notons, au passage, que F. Hachez
et E. Matthieu n’échappent pas aux
jugements antisémites caractéristiques des milieux catholiques de l’époque : « Les
juifs... .furent constamment dans une position malheureuse et précaire. Ils ne
devaient cependant attribuer qu’à eux-mêmes leur misérable situation :
ils conservaient... une religion offensante pour leurs hôtes... ils rendaient
haine pour haine, ils se corrompaient et se jetaient dans tous les
désordres ». « On
rencontre, en effet, encore de nos jours, dans certaines localités du pays, de
ces gens dont le type et les agissements vils et trompeurs trahissent une
origine judaïque ».
La presse locale se fait d’ailleurs l’écho, de temps en temps, de ces
publications, en ignorant parfois des études
récentes et mieux documentées.
Bien entendu, J. Stengers
parle abondamment du Hainaut
et de Mons dans l’ouvrage que nous
avons signalé à maintes reprises. Comme nous le verrons dans les pages
suivantes, le grand mérite de J. Stengers est d’avoir passé au crible de la
critique les sources du sacrilège
de Cambron
ainsi que les comptes du prévôt
chargé de récupérer les sommes dues aux juifs après leur expulsion
(ou leur mort ?) en 1349.
On peut regretter cependant que
cette étude magistrale ignore l’article de Paul Heupgen
qui fait remarquer à juste titre la richesse inexploitée des archives
montoises telles que les Rôles de
bourgeoisie, les Embrefs et le Registre
des criées. Plus près de nous, les recherches de J. Tollebeek et J.P.
Schreiber se contentent, pour Mons, de résumer les pages de J. Stengers.
Nous
avons voulu rechercher la présence des juifs dans tous les documents encore
disponibles pour le XIVe siècle
et confronter nos découvertes avec
les actes officiels et les archives connues et analysées dans les études
antérieures. En tout premier lieu, les archives de l’Etat à Mons possèdent
deux séries de documents originaux d’une grande valeur pour cette
recherche : les comptes de la ville
et les rôles de bourgeoisie.
Ensuite, conservés à Bruxelles
, les comptes du prévôt,
chargé de récupérer les sommes dues aux juifs après leur disparition lors
de la grande peste (1349) nous ont permis d’étudier la vie économique des prêteurs montois Joye et Jacob, bien
connus par d’autres documents. Enfin, nous avons eu recours aux nombreux
documents (chirographes...) patiemment recopiés par des érudits locaux tels
que Gonzalès Decamps,
et Jeanne Heupgen-Putsage.
Signalons enfin que cette base documentaire a été étudiée de 1295 à 1433,
dans la mesure où elle le permettait. La première date a été choisie pour
pouvoir vérifier si l’absence des juifs à Mons était bien réelle avant
leur expulsion de France
par Philippe le Bel ;
la date de 1433 représente celle du premier document où est
mentionnée la rue des juifs et
il nous a semblé opportun de rechercher la présence éventuelle d’un
document antérieur ou une explication à cette appellation tardive.
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