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Le
Hainaut
relevant de l’Empire, la condition juridique des juifs de passage à Mons est
donc à rapprocher de l’ordonnance (1286)
de Rodolphe Ier qui les considère comme sa possession.
On peut donc supposer que le comte de Hainaut a reçu de l’Empereur le droit
de propriété et de protection des juifs de sa principauté,
comme le montrent explicitement les quatre sauf-conduits de 1307, 1308, 1310 et
1337
qui ont déjà été analysés par J. Stengers.
Par conséquent, nous nous bornerons à en rappeler les grandes lignes, ces
documents étant composés pratiquement sur le même modèle :
-Accueil
et protection
de certaines familles dont les noms sont cités.
-Permission
de demeurer un temps délimité dans le comté (un an en 1307, trois ans en
1308, 5 ans en 1310 et 1337)
contre le paiement d’une redevance.
-Autorisation
de pratiquer l’usure,
sauf là où il y a des Lombards (1307 et 1308)
et à Binche
(1310).
-Exemption
des redevances (taille, mainmorte...) à l’exception de la maletôte.
-Liberté
de quitter le comté sans être inquiétés.
Notons que cette liberté est confirmée par une mention des comptes de la ville
de Mons (1308-1309)
qui signale le départ des deux juifs au bout de quelques mois de présence dans
la ville.
Ces sauf-conduits nous montrent donc que les juifs
sont considérés comme des étrangers. Leur sort est en théorie
favorable puisque, contrairement à ce qui se passe en France
et en Allemagne
, leurs obligations sont délimitées de façon précise.
Bien entendu, il est difficile, en raison du petit nombre de documents,
de savoir exactement l’attitude des autorités montoises vis-à-vis de la
communauté immigrée. Mais l’étude des archives
a permis néanmoins de mettre en évidence quelques éléments. Jusqu’en
1326 ( sacrilège de
Cambron
) le pouvoir communal ne semble pas défavorable aux juifs : la ville leur
emprunte de l’argent et surtout, elle leur accorde le droit de bourgeoisie,
les mettant de cette manière sur un pied d’égalité avec les chrétiens et
les Lombards.
Après le sacrilège
de Cambron, la situation des juifs semble plus défavorable. Ceux qui étaient
présents dans la ville avant 1326 perdent leur statut de bourgeois (Joye, par
exemple)
et les nouveaux immigrés ne sont plus repris dans les rôles de bourgeoisie.
Enfin, signalons leur absence des
comptes de la ville, preuve supplémentaire qu’une page a été tournée dans
les relations entre les juifs et les Montois.
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