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De
cette recherche, nous avons pu établir quelques certitudes.
La
relation des deux vagues d’immigration
(1307 et 1323) avec les expulsions
du royaume de France
est clairement établie et la négation, par certains historiens, de l’existence
de l’expulsion de 1322 trouve ici
un démenti évident. De plus, par rapport aux études antérieures, nous avons
doublé, pour chaque vague, la
connaissance des noms des
membres de la communauté juive à Mons. Par ailleurs, le rôle de refuge
temporaire joué par la capitale hainuyère
a été mis en évidence : les juifs désertent la ville dès que le roi de
France leur permet de rentrer dans son royaume. La bonne intégration officielle
des juifs a également été épinglée ; les finances communales et
les rôles de bourgeoisie sont là pour en témoigner. A partir de 1326
néanmoins (sacrilège de Cambron
), les relations avec les pouvoirs se dégradent. Notre étude a également
démontré que certains juifs restent dans nos provinces beaucoup plus longtemps (27 ans
pour Joye) qu’on ne l’imaginait dans les recherches antérieures (12 ans
maximum, pour le Luxembourg
). Un autre sujet d’étonnement est la quasi-absence de prêt sur gages,
alors que tous les ouvrages généraux en font une spécialité des financiers
juifs. Enfin, nous avons pu confirmer l’existence bien réelle de Guillaume,
le héros malgré lui du sacrilège
de Cambron, qui est présent dans une multitude de documents mais aussi l’absence
de juifs, à Mons, après l’épidémie de peste du milieu du XIVe siècle
Cependant,
à notre grand regret, l’analyse des documents disponibles n’a pas pu
résoudre toutes les questions.
S’il
est bien établi que plusieurs familles juives, en 1323, habitent la rue qui
portera leur nom, il ne nous a pas été possible d’expliquer pourquoi le nom
de rue des juifs n’apparaît qu’un
siècle plus tard. Nous avons donc dû émettre l’hypothèse de l’influence
de la résidence de Jacquemart du Breucq le
juif. Ce personnage porte un surnom bien lourd à porter, à l’époque. Etait-il
un converti ? Il est impossible de répondre à cette question. Tout ce que
l’on sait, grâce à un seul chirographe, c’est
qu’il est apparenté avec un juif (converti ?) brugeois,
probablement d’origine portugaise. Enfin, la répartition de l’activité des
usuriers juifs montois à la veille de la peste est curieuse. Nous avons pu
déterminer que les routes déterminaient des secteurs dans lesquels les
prêteurs avaient le monopole des transactions. D’autres études détaillées
devraient établir si le cas de Mons est exceptionnel ou si les communautés
juives organisaient géographiquement leur sphère d’influence.
Des
certitudes, des doutes, des hypothèses, voilà à quoi aboutit ce travail. Paul
Leuilliot, dans les Annales,
écrivait, il y a un quart de siècle :
« ...l’histoire locale a pour fin, dans un premier temps de
compliquer comme à dessein les choses, de les rendre moins claires, de poser
plutôt des questions, en somme de remettre en cause ce qu’on croyait établi,
de découvrir en conséquence des lacunes... et finalement de détruire des
images trop claires ».
Nous
espérons avoir atteint modestement quelques-uns de ces objectifs.
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