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L'inauguration de l'Ecole Normale (1876)

Cette publication, réalisée à l'occasion de l'exposition sur les 120 ans de l'Ecole Normale, est un catalogue qui a fait l'objet d'une recherche collective au cours d'histoire, en 2e sciences humaines (année académique 1996-97). Les étudiants qui ont participé à sa rédaction sont: Bertrand Baudelet, Marjorie Coen, Daniel De Noose, Valérie Laurent, Dorothée Lecoeuvre, Cécile Lux, Nora Nbouter, Stéphane Planque, Bertrand Van Crutsen et Sébastien Zak.

 Le texte publié ci-dessous est paru dans la revue Le Trait d'Union (1er trimestre de l'année scolaire 1996-97). Il reprend les grands thèmes évoqués dans le catalogue de l'exposition et donne un aperçu de l'ambiance de l'inauguration.  

L’école normale de Mons a 120 ans.

En 1996,la création des Hautes Ecoles coïncidait, par hasard, avec le 120e anniversaire de l’école normale de Mons.

C’était, bien entendu, l’occasion idéale d’affirmer notre identité et de souligner nos origines, à un moment où notre établissement perdait son autonomie.

La genèse de l’exposition.

Quand on pense à une commémoration, l’idée de réaliser une exposition vient immédiatement à l’esprit.

Mais encore faut-il pouvoir présenter aux visiteurs des documents « exposables »,ne pas refaire la même démarche que les expositions antérieures (celle du centième anniversaire, par exemple) et, bien entendu, apporter une substantielle contribution scientifique.

Dans le domaine qui nous occupe, l’ouvrage de M. Julien Merckx constitue déjà une solide synthèse sur l’histoire de notre institution. Il fallait donc innover et trouver des documents originaux.

Dans le temps qui m’était imparti, je ne pouvais réaliser seul un travail aussi important ;c’est pourquoi j’ai soumis l’idée de l’exposition aux étudiants de 2e sciences humaines  qui, d’emblée, ont été emballés par ce projet.

Le travail de recherche.

Première décision collective :centrer toutes les recherches sur l’année 1876,année de l’ouverture des cours et, éventuellement, suivre les études de ces étudiants de « la première heure ».

Les découvertes furent, dans un premier temps, très décevantes :aucun « ancien » de l’école ne possédait de document antérieur à la guerre 14-18.Même le portrait du premier directeur (l’abbé Lecomte) avait disparu lors d’une restructuration antérieure.

Heureusement, bien vite, l’étude de la presse montoise de 1876 révélait beaucoup d’articles sur notre sujet (les journaux libéraux traitant notre école de « fabrique de sacristains »,tandis que la presse catholique « encensait » cette magnifique création du gouvernement qu’elle soutenait).

Dans le même temps, plutôt que de disperser les recherches dans les bibliothèques de la ville, nous avons décidé de fouiller systématiquement les greniers de l’école, partant de l’idée simple que la grandeur du bâtiment et la difficulté d’accès de certains recoins avaient peut-être préservé des trésors de documentation.

Notre enquête, tenant de la spéléologie et de l’archéologie fut vite récompensée :toutes les archives de l’école attendaient patiemment dans un grenier, sous une couche vénérable de poussière centenaire.

Cette découverte, d’une grande valeur pour l’histoire de l’enseignement en Belgique a fourni de très nombreuses pièces concernant les origines de notre institution ;il restait donc à les étudier, les analyser et les publier.

Le vernissage.

Le vendredi 13 décembre 1996,le vernissage de l’exposition a rassemblé une centaine de personnes dans la salle Marion Coulon.

Dans leurs discours, M.M. Voisin, directeur-président de la Haute Ecole de la Communauté française, Lapôtre, directeur du département pédagogique, Waelput, professeur d’histoire, ont rappelé  leur attachement à l’établissement, le plaisir d’y enseigner et de former de jeunes maîtres.
M. Lapôtre a insisté, pour sa part, sur la modernité du discours de son prédécesseur de 1876,l’abbé Lecomte, et M. Waelput a remercié toutes les personnes qui avaient permis la réalisation de l’exposition, en particulier l’Amicale des Anciens qui n’avait pas hésité à soutenir financièrement cette initiative. 

Ces discours furent entrecoupés d’intermèdes musicaux interprétés à la guitare, au violoncelle et à la clarinette par des élèves de Mme Crusiaux, professeur de musique à l’école normale et au conservatoire de Binche.

L’exposition.

Elle s’organisait autour de trois thèmes :

-Le contexte national et international de l’inauguration de 1876 

-Les bâtiments ;

-Les acteurs de 1876 (directeur, professeurs, étudiants).

a-Le contexte.

Quand l’école normale ouvrait ses portes pour la première fois, le monde se passionnait pour la découverte du téléphone par G. Bell, admirait Le Moulin de la Galette de Renoir, s’enthousiasmait à l’idée d’explorer l’Afrique centrale ou se désespérait à l’annonce de la catastrophe minière de l’Agrappe.

Nous voilà revenus à plus de modestie :l’école normale ne faisait pas la « Une » des journaux de 1876.

b-Les bâtiments.

On savait que Joseph Hubert, l’architecte de notre établissement ,avait parcouru les U.S.A pour y étudier les constructions scolaires et s’en inspirer dans ses réalisations locales.

On connaissait même le nom du « Collège Vassar » situé à Poughkeepsie (Etat de New-York) qui avait servi précisément de modèle pour notre institution.

Par curiosité, nous avons voulu en savoir plus sur nos lointaines racines, en utilisant le système « Internet ».

A notre grand étonnement, après une heure de « surf »,nous avons vu apparaître sur l’écran la photo du collège américain ainsi que son historique.

Histoire et multimédia font donc bon ménage.

L'aspect de l'Ecole Normale, en 1876, lors de son inauguration.

 

c-Le acteurs

Dans cette dernière partie, les archives nouvellement découvertes ont pu apporter des renseignements intéressants dans de nombreux domaines pour lesquels on ne disposait d’aucune donnée :la composition du corps professoral, la liste des étudiants et leur origine géographique, les questions d’examens, l es résultats scolaires, les menus et les dépenses de l’internat...

Les visiteurs ont marqué le plus d’intérêt pour cette dernière partie de l’exposition car elle permettait ,dans une certaine mesure d’appréhender la vie quotidienne de l’école il y a plus d’une siècle.

Quelques enfants posent devant l'Ecole Normale à la fin du XIXe siècle.  Vous pouvez  apercevoir que plusieurs enfants sont nu-pieds. Souvenons-nous que l'Etat s'était engagé  à prendre à sa charge les études de 200 enfants pauvres à l'Ecole primaire d'application créée en 1878.

Conclusion

Rechercher les documents, les analyser et en faire la critique, voilà, je crois, un exercice très profitable pour les futurs professeurs d’histoire que sont les étudiants de 2e sciences humaines. Et si on ajoute également la réalisation de deux produits « finis » :un catalogue d’une soixantaine de pages et le montage de l’exposition j’ai la conviction que cette expérience leur laissera comme à moi-même un sentiment de satisfaction.

 

Haute Ecole de la Communauté Française du Hainaut - Département Pédagogique - MONS (Belgique)