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Les Juifs à Mons au Moyen Age

Cet article est paru dans la revue Le Moyen Age, 2/2001, Tome CVII, p. 283-304
                                                                        et 3-4/2001, Tome CVII, p. 503-521.

Résumé

Nous avons recherché la présence des Juifs dans tous les documents encore disponibles pour le XIVe S. (comptes de la ville, rôles de bourgeoisie, comptes du prévôt, chirographes) et  confronté nos découvertes avec les actes officiels et les archives connues et analysées dans les études antérieures.

De cette recherche, nous avons pu établir quelques certitudes :

n   La relation des deux vagues d’immigration (1307 et 1323)  avec les expulsions du royaume de France. La négation, par certains historiens, de l’existence de l’expulsion de 1322  trouve ici un démenti évident.

n   Par rapport aux études antérieures, la connaissance, pour chaque vague, du double de noms  des membres de la communauté juive à Mons.

n   Le rôle de refuge temporaire joué par la capitale  hennuyère que les Juifs désertent dès que le roi de France leur permet de rentrer dans son royaume.

n   La bonne intégration officielle des Juifs. Les finances communales et les rôles de bourgeoisie sont là pour en témoigner. A partir de 1326 néanmoins (sacrilège de Cambron), les relations avec le pouvoir se dégradent.

n   La longue durée des activités de certains Juifs qui restent à Mons beaucoup plus longtemps (27 ans pour Joye) qu’on ne l’imaginait dans les recherches antérieures (12 ans maximum, pour le Luxembourg).

n   L’existence bien réelle de Guillaume, le héros malgré lui du sacrilège de Cambron, qui est présent dans une multitude de documents.

n   L’absence de Juifs, à Mons, après l’épidémie de peste du milieu du XIVe S.

n   La quasi absence de prêt sur gages, alors que tous les ouvrages généraux en font une spécialité des financiers juifs.

Cependant, l’analyse des documents disponibles n’a pas pu résoudre toutes les questions.

·       S’il est bien établi que plusieurs familles juives, en 1323, habitent la rue qui portera leur nom, il ne nous a pas été possible d’expliquer pourquoi le nom de rue des Juifs n’apparaît qu’un siècle plus tard. Nous avons donc dû émettre l’hypothèse de l’influence de la résidence de l'échevin Jacquemart du Breucq  le Juif  (apparenté à des Juifs portugais installés à Bruges ?) .

·       La répartition de l’activité des usuriers Juifs montois à la veille de la peste est curieuse. Nous avons pu déterminer que les routes déterminaient des secteurs dans lesquels les prêteurs avaient le monopole des transactions. D’autres études détaillées devraient établir si le cas de Mons est exceptionnel ou si les communautés juives organisaient géographiquement leur sphère d’influence.

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Haute Ecole de la Communauté Française du Hainaut - Département Pédagogique - MONS (Belgique)